_______Alors que les c½urs de la Terre entière battent tous ensemble, il y a le mien qui tremble. Alors que les gens marchent, courent, skatent, moi, je traîne des pieds. Je ne regarde pas, j'observe. J'observe tous ces gens, je déambule dans la foule, et personne n'y fait attention. Je cherche un regard, une main que l'on me tendrait. Mais il n'y a rien, rien que du néant dans leurs yeux, rien que du faux dans leur sourire. Cette sensation de transparence, d'impuissance. Cette envie de hurler. Mais ce serait si naïf, ce serait tellement vain. Ils resteraient sourds. &Ça me rend si fragile, si instable. A la moindre vague, je m'écroule. Mes yeux ne savent que pleurer, et parfois, quand ma vue n'est pas trouble à cause des larmes, en ouvrant mes volets au lever du Soleil, je me dis que le lendemain, j'irai au bout, au bord du Monde. Je n'oublierai pas mon appareil photo et là, j'immortaliserai le grand Astre et le ciel aux teintes bleutées et rosées. Ma mémoire défaille et ne garde que les mauvais souvenirs. Au moins, quand je regarderai cette photo, j'en oublierai peut - être combien j'ai mal de vivre et comme écrire ne suffit plus à enlever ce poids qui pèse en moi. J'ai peur de l'amour, peur de manger, peur de pleurer. J'ai peur, parce que c'est la seule choses qu'il me reste à faire, et qui arrive presque à me faire croire que si ce sentiment grandit en moi, c'est que j'ai encore quelque chose à perdre. Pourtant il y a tellement plus à gagner. Rien que d'y penser, la migraine me martèle le crâne et bientôt, je continuerai à écrire toutes mes bêtises, qui sont aussi utiles que moi. Elles font partie du décor, elles distraient quelques passants, mais n'arrêtent personne. Elle ne cherchent pas à attirer l'attention, elles cherchent seulement à ce que l'on y porte attention. Non. Plutôt qu'il y porte attention. Mais après tout, comment plaire quand on ne se plait pas à soi - même, et que certains prennent un malin plaisir à vous le rappeler. A vous enfoncer, vous enterrez toujours davantage.
_______Je ne demande qu'une chose. Toi. J'ai si mal de savoir que tu ne veux pas de moi, du moins pas comme je le souhaiterai. Ce n'est pas de l'amour, ce n'est pas de l'amitié. C'est de l'accrochement pur et dur à ta voix, à ta peau. C'est ce désir, qui grandit, qui me hante, qui me bouffe. Qui me brûle, qui m'écrase, qui contrôle chacun de mes pas, chacune de mes pensées, chacun de mes mots. C'est ce prénom, ce mot, l'unique mot qui tourne sans cesse dans ma tête. De jour comme de nuit. C'est cette putain d'attente, l'attente de te voir encore, oui. Tu es ancré dans ma peau. Mais après tout tu n'es qu'un inconnu. Au fond, qui es-tu vraiment ? Peut-être es-tu cet espoir, l'espoir d'aimer à nouveau. Je tuerai pour savoir ce que tu penses des gens, du monde, de moi. J'aimerai te montrer ce qu'est l'amour. Peut-être servirai-je au moins une fois à quelque chose. Regarde - moi. J'aimerai savoir si tes lèvres sont douces. Embrasses - moi ; rien qu'une fois. Mord - moi. Déshabille - moi du regard, déshabille - moi tout court. Embrasse - moi encore. Serre - moi fort dans tes bras. Étouffe - moi d'amour, étouffe - moi de toi. Je t'en prie, finis - moi.